• C'est Audrey qui s'y colle pour ce nouveau thème....

    Album de Kate Bush - Sensual world (1989)

    This woman's work

    Je ne sais pas si les hommes peuvent frissonner comme nous. Mon mari, s’il frissonne, ça doit se passer dans un coin du cerveau, mais rien à voir avec moi. Moi, ça se passe sur la peau, dans le dos, dans la tête, dans toute ma chair. Et avec cette chanson, je me sens fière d’être femme. J’ai l’impression d’être comprise, de ne pas être seule. ET tant pis si y a des grincheux qui trouveront ça trop 80’s… J’aime sa voix, parce qu’elle ose chanter comme une petite fille et en même temps les sentiments qu’elle fait passer sont clairement ceux d’une vraie femme. Les mecs peuvent essayer de bâtir des chansons qui font des Toboggans, ils peuvent pas lutter, cette chanson monte trop haut pour eux dans tous les sens du terme. Et toc !

    Et si ça ne vous suffit pas, vous pouvez enchainer avec The Dream of ship le cette grande dame.

     

    Merci Audrey!

     

    Au tour d'Hervé maintenant...avec un album de New Order que j'aime beaucoup...

     

     

    New Order - Power, corruption and lies (1983)

    Chanson: Leave me alone

    Peut-on chanter et danser la dépression ? Les carrières de Joy Division (chanteur dépressif/suicidé : Ian Curtis) puis New Order (chanteur ombrageux : Bernard Sumner) ont toujours fait penser que rythmique dance (même martiale comme chez Joy Division) et paroles sombres pouvaient cohabiter. Le seul (et énorme) titre dance de New Order ne s'appelle-t-il pas Blue Monday ? Ce "lundi morose" (paraît-il le deuxième ou troisième lundi de janvier) qui correspondrait au pic de dépression et de mélancolie de l'année.

     

    Blue Monday est tiré de l'album Power, Corruption and Lies (ce titre ! Mieux qu'un tract politique !), qui baigne aussi dans cette affliction et ce spleen dont Sumner s'est fait le chantre, imprimant paroles désabusées et expression presque monocorde.

    Cet album se conclut par une chanson ayant aussi une forte portée mélancolique. Une chanson par laquelle j'ai découvert New Order, un groupe qui m'a accompagné tout au long de ma vie, jusqu'à aujourd'hui.

    Leave Me Alone recèle son lot de paroles tristement contemplatives, comme empêtrées dans une inaction coupable (“On a thousand islands in the sea/I see a thousand people just like me/A hundred unions in the snow/I watch them walking, falling in a row”). La chanson conclut l'album. Il ne s'agit donc pas à proprement parler d'un tube, d'une chanson mise en avant. Mais cette conclusion est un déchirement qui hante encore longtemps l'auditeur après l'arrêt du disque.

    Un spleen dont le chant atone de Sumner imprime les tons définitifs : noir cafardeux et blanc étouffant.

    Et pourtant la pochette de Power Corruption and Lies représente un tableau coloré de Fantin-Latour, des roses, mais avec des couleurs passées qui évoquent les scènes d'intérieur habituellement peintes par le Français : dans une gamme quasi monochrome de gris et de brun. Bref un écrin idéal à la musique de New Order.

    Ce titre est captivant et fascinant comme tous les titres de New Order qui mettent en avant les qualités intrinsèques du groupe : une section rythmique ultra-présente (batterie de Stephen Morris quasi métronomique, dans un style propre fascinant à voir en concert, ligne de basse claire et émouvante de Peter Hook), le chant de Sumner et ses parties de guitares, assez bien maîtrisées ici. Les claviers de Gilian Gilbert sont absents, mais en creux, ils pourraient accompagner la douce mélancolie des guitares apaisées de Sumner.

    Les tubes mélancoliques de New Order sont légions : Bizarre Love Triangle, Regret, Your Silent Face, This Time of Night, Paradise, Love Vigilantes, Dream Attack, etc.

    Mais Leave Me Alone, "Laissez-moi seul" est différent. A part. Il augure de la séparation enfin définitive de New Order avec son modèle ancien, Joy Division. Le premier album de New Order, Movement, était encore empreint de la personnalité, de l'idéologie presque, de Joy Division. Power, Corruption and Lies s'en détache, avec un son qui va bientôt prendre ses aises et ses libertés (il faut écouter Confusion ou Temptation pour s'en convaincre).

    Sumner le cadet se sépare de Curtis l'aîné, et peut préparer New Order à une carrière, certes en clair-obscur, mais de plus en plus tournée vers la dance et les couleurs. Avec pour acmé les teintes violacées de la pochette de Technique (1988), l'un des albums-phare de l'acid-house anglaise puis "l'adult dance" de Republic en 1993, deux albums que détesteront certainement les fans les plus hardcore de Joy Division...

    Leave Me Alone est bien une plainte, un cri. Et c'est en cela qu'il est émouvant, qu'il reste lové en vous pour toujours. Car vous sentez ici toute l'ambivalence de la nature humaine, sa souffrance dans l'espoir, sa honte de jouir, son hébétude à dresser des projets.  Son incapacité chronique à être simplement heureux de son existence. Sage et équilibré.

    Je découvre alors peu à peu les paroles de Sumner, et je suis fasciné par la nature extrêmement banale de ses paroles qui arrivent toujours à émouvoir par cette description clinique du quotidien le plus plat, pour en tirer un portrait en coupe d'un individu, d'un couple, d'une famille, d'une génération. Prenez Regret et son “I would like a place I can call my own/Have a conversation on the telephone/Wake up everyday, that would be a start/I would not complain 'bout my wounded heart", la torch song qui prend les atours d'une ballade pop.

    En superposant quotidienneté et émotion, Sumner touche et fait vibrer notre sensibilité.

    Love Vigilantes aussi, derrière un visage redneck, décrit le drame de la séparation familiale en temps de guerre : "I want to see my family/My wife and child waiting for me/I've got to go home/I've been so alone, you see".

    J'ai découvert en même temps New Order et les livres de Bret Easton Ellis. Fascinante mise en abîme qui révèle la superficialité de l'existence quand elle s'attache à la forme plus qu'au fond. Comme chez Ellis, l'émotion est à fleur de peau, palpable et compulsive, désordonnée et éruptive.

    Leave Me Alone est donc l'un des premiers titres de cette série de chansons de New Order que je me passerai souvent au casque.

    En ayant le sentiment fort d'écouter l'un des groupes pop les plus essentiels de la fin du XXème siècle.

    Merci Hervé!

    That's all folks!

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  • Légendaire: Lou Reed - Live: Take no prisoners (1978) 

    Ceux qui ont adoré le Lou Reed peroxydé et très euh...vitaminé (un régime de cheval il paraît) de "Rock'n roll animal" et de "Lou Reed live" risquent d'avoir une surprise avec ce double live de 1978.

    Loulou vient de sortir le très bon "Street Hassle" dont on a ici quelques titres: "Street hassle", "I wanna be black" et "Leave me alone", joue de la guitare et surtout, surtout, jacte à n'en plus finir!

    Cela donne des morceaux longs, très longs avec des choeurs et des monologues où il s'en prend à l'assistant qui a réglé le micro trop bas,  à Patti Smith , au public.... Il parle même de Springsteen qu'on entend dans le LP "Street Hassle" (ils enregistraient dans le même studio) . On a même droit à une version bluesy de "Waiting for my man" assez tendue malgré la lenteur du titre et qui rappelle ce que pouvait faire Jim Morrison avec ses Doors.

    Bref, l'antithèse des lives de 1974 avec plus de paroles que de musique. Certains fans de Lou Reed détestent ce disque. Moi, j'y prends un plaisir à chaque fois renouvelé.

    Les titres:

    1-1 Sweet Jane 8:18

    1-2 I Wanna Be Black 6:21

    1-3 Satellite Of Love 6:54

    1-4 Pale Blue Eyes 6:23

    1-5 Berlin 5:46

    1-6 I'm Waiting For My Man 13:50

    2-1 Coney Island Baby 8:21

    2-2 Street Hassle 11:58

    2-3 Walk On The Wild Side 16:53 

    2-4 Leave Me Alone 7:18

    Légendaire: Lou Reed - Live: Take no prisoners (1978)

    Pour l'écouter, ce n'est pas loin....Loulou blague

    That's all folks!

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  • Commençons pour une fois par le choix d'Hervé...

    Résultat de recherche d'images pour "david bowie low"

    La chanson déclic, qui nous a permis de découvrir un nouvel univers musical 

    David Bowie

     

    What In The World

     

    Album Low (1977) 

     

    Automne 77 : je bascule dans la New Wave grâce à mon frère et à un caméléon glam-rock orangé…

     

    Comment 2 minutes et 23 secondes peuvent changer votre vie… 

     

    C’est ce qui m’est arrivé un soir d’automne 1977, dans la bonne ville de Nevers, paisible bourgade de près de 50000 âmes (sans doute moins à l’époque), sise à plus de 200 kilomètres au sud de Paris. Nevers, c’est l’idée qu’on se fait du bord de Loire : quelque chose de tranquille et d’intemporel, à la fois paisible et provincial, la tête bien sur les épaules et les yeux à peine dans les étoiles. Raisonnable. 

     

    J’y passe alors une enfance paisible du haut de mes dix ans. L’école se déroule bien, ma famille est unie et j’ai un grand frère (4 ans plus âgé) qui me fait découvrir par petites doses des musiques qui jusqu’alors me sont assez étrangères.

     

     

    Tout cela forcément m’intrigue, moi qui suis alors habitué à Abba, un peu les Beatles, un peu Noam (bientôt Goldorak en 1978 !), un peu Chantal Goya (et oui), un peu Henri Salvador (« Petit lapin, ne va pas à Paris… »), et beaucoup d’écoutes assez doucereuses et disons le bien : sans risque, total secure. 

     

    Un soir d’automne donc, mon frère Eric revient des Puces. Les Puces, c’est l’événement automnal à Nevers. Des dizaines et dizaines de particuliers y exposent leurs rebus, colifichets et débarras, dans des amoncellements qui parfois confèrent à l’expédition héroïque. Mon frère est passé aux Puces, à la recherche de quelques vinyles, avec sur lui son argent de poche. La somme n’est pas faramineuse. Mais comme les rondelles sont alors en vente pour un prix… raisonnable, il y a de quoi piocher quelques curiosités. 

     

    C’est donc ce soir-là qu’Eric me ramène ce disque étrange, orange, avec sur sa pochette un monsieur très pâle vu de profil. L’album s’appelle Low. Ça veut dire « bas ». Profil bas ? Et l’homme qui chante est un certain David Bowie. Je ne le connais pas. Mon frère m’assure que c’est quelqu’un de connu. Il a eu ce vinyl pour un prix dérisoire car il présente un défaut de fabrication assez original, que je n’ai jamais vu ultérieurement sur un tel support : la vignette sur le Verso du disque a été mal collée, complètement décalée par rapport au trou central, et recouvre pratiquement la moitié des titres de cette face… Mon frère n’en est pas désolé pour autant. Il s’écoutera à l’occasion cette face B après la face A. Même s’il faudra sacrément ruser avec la tête de lecture de la platine ! 

     

    Vous vous souvenez sans doute de Low. Une face A ramassée en sept titres courts et pop. Une face B beaucoup plus ample et contemplative avec quatre titres plus longs dont le fameux Warszawa, qui paraît-il inspira le nom de la toute première formation pré-Joy Division.

     

    Joy Division ? Le post-punk ? la New Wave ?

     

    Précisément, on y est. En plein dedans.

     

    Je n’avais pas encore fréquenté le génie de David Bowie, mais je reçus là, en pleine poire, un ersatz de ce talent. Le génie d’un caméléon qui, venant du glam-rock et de la soul, décidait de bifurquer au mitan des années 70 vers ce qu’on allait appeler la « nouvelle vague ». La New Wave. En précurseur. Comme d’habitude chez lui. Même s’il avait dans les oreilles les expériences sonores de Kraftwerk ou Neu !, des exégètes du rock allemand intello. 

     

    J’écoutais donc forcément la face A. Celle écoutable. Celle des sept titres rapides. 

    Choc. 

     

    Jamais je n’avais entendu un son aussi… bizarre. Des instruments qui s’entrechoquent, des bip-bips (Brian Eno), une batterie qui semble testostéronée (Dennis Davis !!), des guitaristes pris de convulsion (Carlos Alomar et Ricky Gardiner)… et un génie à la production (Tony Visconti, longtemps oublié derrière Brian Eno).

     

    Et ce What in the World. Le troisième titre. 

     

    Par quoi ai-je été impressionné ? Je pense d’abord par ces voix. Car elles sont deux. Bowie semble totalement détaché, crooner. Un crooner new wave, électronique, complètement planant sur ce thème génial aux paroles totalement absconses (« Tu es une petite fille aux yeux gris/ Ne t’inquiètes pas/Dis-moi quelque chose/Et attends/Avant que la foule ne pleure »). Et Iggy Pop (un autre inconnu) semble lui aussi à la fois dans cet album Low et au Carnegie Hall en train de choruser tranquille comme un chanteur flegmatique (et on découvrira plus tard qu’il a vraiment l’âme d’un crooner !).

     

    Et puis cette musique. Nerveuse, à fleur de peau, tendue, comme destituée de toute inutilité, de toute fioriture. De toute technicité. Comme un cri primal. 

     

    En 1977, alors que le prog rock semblait triomphal, je découvrais la « musique sur les os », qui ne s’embarrasse de rien. Le punk avait alors juste survolé Nevers. On n’en parlait pas, sauf en rigolant quand il s’agissait de se moquer de deux ou trois iroquois qui traînaient du côté de la gare routière. La new wave n’était pas encore installée non plus. On allait l’évoquer en écoutant la radio des émissions de Paris (bientôt Feedback et Lenoir). En guettant la presse (Best et Rock & Folk). 

     

    Et ce What in the World m’a fait d’un seul coup prendre conscience que la musique pouvait être folle, un vrai rollercoaster émotionnel qui ne se chargeait pas d’empiler refrains, couplets et ponts.

     

     

    La partie de guitare est à elle seule intéressante, jouant sur nos nerfs. Totalement dissonante en intro, elle se calme au bout de 23 secondes, laissant place à une partie de chanson qui pourrait facilement s’immiscer dans le Real Book, en vrai standard. Bowie assure. Puis le petit jeu dissonant/strident réapparaît à la première minute, avant de re-disparaître. Batman-Bowie contre Joker-Alomar. 

     

    2mn23 de pure adrénaline que j’allais écouter maintenant sans cesse, encore et encore, comme un mantra, comme pour me convaincre que les portes d’une nouvelle musique s’ouvraient à moi. Combien de fois me le suis-je infligé ? Des dizaines et des dizaines de fois. Et aujourd’hui encore, je pourrais me le repasser d’autres dizaines. Comme une partie de mon ADN que mon corps ne pourrait évacuer. La combinaison de la batterie sèche, de la guitare à la fois ondoyante et acérée, de la basse sinueuse, des chœurs extatiques, de ces bips de Pacman est unique. Une décharge. Un coup de foudre. 

     

    On appelait cela de l’« art rock » en 1977. Manière de gentiment dire qu’on n’y comprenait rien. On allait ainsi qualifier les vocalises de Kate Bush, l’année suivante. Comme une jeune sorcière qui ne fait pas comme les autres. Comme quoi il faut toujours se méfier de ceux qui n’aiment pas les routes au bord du gouffre et qui préfèrent cheminer au milieu des autoroutes huit-voies… 

     

    Ce génie de Bowie avait été visionnaire. Avec sa trilogie Low, Heroes et Lodger, il savait qu’il redessinait une partie du territoire du rock, avec l’assentiment de jeunes post-punks avides de renverser les vieilles icônes de stades. 

     

    Vous pouvez deviner que bientôt d’autres groupes et artistes allaient apparaître à l’encan dans mes oreilles, sur cette période charnière de 77-79 qui nous fit découvrir The Police, Patti Smith, Joe Jackson, Blondie, Talking Heads, Elvis Costello et tant d'autres… 

     

    D’autres titres de Low sont des nectars que j’engloutissais aussi avec envi : Speed of Life, Breaking Glass et ce thème ingénieux dont le titre évoquerait presque une nouvelle de J.G. Ballard : Always Crashing in the Same Car. 

     

    Mais What in the World fut bien la clé qui m’ouvrit à ces univers sonores « new wave ». Et c’est vrai que la New Wave et le post-punk allaient façonner toutes mes écoutes musicales des années 78-85. Je m’embarquai alors dans un voyage au long cours, qui n’allait s’achever qu’au mitan des années 80. J’allais alors découvrir d’autres musiques, d’autres émotions, d’autres découvertes, d’autres plaisirs : musiques du Monde, jazz, classique, etc, etc… 

     

    What in the World est un titre qui appartient à mon panthéon personnel. Merci David ! Merci Eric !

     

    Et merci à toi Hervé! Enchaînons avec le choix d'Audrey...

      

     

    Sur l'album " Blue lines "

    Avant Massive Attack, j’avais clairement du snobisme pour tout ce qui était dansant. Bien sûr, ce n’est pas cette facette qui m’a attirée, mais plutôt ces nappes de violon crépusculaire qui faisaient planer au-dessus de la musique un voile de mélancolie. D’un seul, coup, il y avait comme un drame dans ce morceau, comme si pour la chanteuse, il s’agissait de vie ou de mort. Pourtant, c’était un morceau sur lequel on pouvait vraiment danser.

    Donc Massive Attack avait soudain écroulé le Mur qui me séparait d’un véritable continent, celui du hip-hop, de l’électro et même de la techno. Quelques années plus tard, Portishead pouvait enfoncer le clou, j’allais découvrir dans la foulée les grands groupes de l’époque de l’electro, Letfield, Underworld, qui prouvaient que de tels groupes pouvaient bâtir des albums qui tenaient la route, contrairement à un préjugé que j’avais et qui considérais qu’il s’agissait plutôt d’artistes à « single » ou maxi… Une musique soudain devenue plus excitante que beaucoup de ce qui se faisait à guitares à l’époque. Et d’ailleurs, beaucoup de ces musiciens avaient connu le punk dans leur jeunesse (et même John Lydon viendra pousser la chansonnette avec certains).

    Bref, pour moi, il y a eu clairement un avant et après Massive Attack, que je considère pour ma part comme étant le plus grand des annés 90.

     Merci Audrey 

    That's all folks!

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  • Le Choix des lecteurs # 138: Tom Verlaine - KCRW FM Santa Monica - 16 Juin 2006 

    Je sais que cet enregistrement est sorti sous la forme d'un bootleg mais je n'en trouve pas la pochette...

    Quoiqu'il en soit, un beau témoignage sonore de la carrière solo de Tom Verlaine..à votre demande!

    Les titres: 

    01 Intro 

    02 The Day On You

    03 Heavenly Charms 

    04 Documentary 

    05 Interview

    06 Orbit

    07 Pillow 

    08 Nice Actress

     

    09 Outro

    Pour l'écouter, ce n'est pas loin.....Tom Club

    Et maintenant, à vous de voir....

    The White Stripes - Spaceland California - 3 janvier 2001

    The Who - Tales from the Who - 4 décembre 1973

    Wilco - FIB Benicassim - 20 Juillet 2007

    That's all folks!

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  • Chefs d'oeuvre oubliés # 81 : Tranquility Bass - Let the freak flag fly (1997) 

    J'avoue que je n'avais jamais entendu parler de ce groupe avant de lire le livre de Christophe Conte. Alors, je me réfère à ce qu'il en dit...

    Le leader de Tranquility Bass, Mike Kandel, s'est éteint en 2015 dans l'indifférence générale et c'est donc l'unique album de ce groupe. Un premier titre - They came in peace - était sorti sur la compilation Headz du label Mo'Wax. Let the Freak Flag Fly est donc l'oeuvre d'un ermite au look de hippie où se croisent des sons hybrides traversant tous les continents : Afrique, Amérique du sud, West Coast du Nord et l'Angleterre de la vieille Europe. Manifestement inspiré par My Life in the Bush of Ghosts de Brian Eno cet album fait donc le tour du monde mais n'a jamais eu de suite...

    Les titres:

    Five Miles High 7:16

    La La La 7:24

    The Bird 10:04

    Soldier's Sweetheart 2:46

    We All Want To Be Free 8:04

    Never Gonna End 6:42

    I'll Be Here 10:54

    Let The Freak Flag Fly 11:45 

    Lichen Me To Wyomin' 7:06

    Chefs d'oeuvre oubliés # 81 : Tranquility Bass - Let the freak flag fly (1997) 

    Pour l'écouter, ce n'est pas loin....Basse tranquille

    That's all folks!

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  • Honneur aux dames, c'est Audrey qui ouvre le bal....

    Jeu de la Dizaine des Blogueurs : Thème 3: La chanson que l'on écoute seul au casque le soir - Audrey et Daniel

                               Alpha - Somewhere not here (1997)

                   

    J’ignore pourquoi, mais, pour ce choix, cette chanson a été une évidence pour moi. Pourtant, je pense qu’il en existe des centaines, mais celle-là vient avant toutes les autres. Une musique à écouter dans le noir, ça doit être enveloppant, un peu onirique et ça s’écoute très fort. Ça doit faire voyager, car le monde n’existe soudain plus autour de nous. Sur Someone not here, Alpha fait plus que ça, elle vous donne soudain une âme.

    Pour l’anecdote, cette chanson figure deux fois dans l’album d’Alpha (avec un texte un peu différent). La version qui avait initialement été prévue devait être chanté par un chanteur. Elle existe, elle est très bonne, mais voilà. Un jour, cette chanteuse se met à l’interpréter. Et là, je pense que, dans le studio, toutes les lumières se sont éteintes. A la place, un écran géant est apparu, pour faire défiler un vieux Bogard dans une histoire d’amour impossible. Et là, il est apparu évident au groupe que cette version emporterait tout le monde très très loin…

    Aussi, à chaque fois que je l’écoute, j’aimerais pouvoir me transformer en chatte, me glisser tout contre mon homme et lui susurrer de tels mots avec une telle voix. Des mots tout simples qui parlent pourtant en profondeur à chacun. C’est une chanson qui donne envie d’être deux, pour pouvoir partager le sentiment qu’elle provoque en nous. A vrai dire, ce n’est pas une chanson, c’est une caresse, une spirale qui donne envie d’aimer les âmes solitaires. Oui, être à nouveau seule, juste pour pouvoir vivre un tel instant. Mais, au chaud. Dans mon lit. Les yeux fermés prêts à rêver, avec mon homme tout près de moi. Et s’il ne l’est pas alors, je suis comme la chanteuse : « A thousand miles away 
    I'd like to fly to you 
     … »

     

    Lyrics:

    I remember when you came 
    I can just recall that day 
    Unexpected, undetected 
    If I'd have known I still would have done it 
    So little time, so long to wait 
    A paradise, within your eyes 

    All the things I could tell you 
    All the things I could show you 

    You're my waking thought 
    You're the smile on my lips 
    I dream I see your face 
    I see and dream of you. 

    You were safe and warm 
    I was in your hands 
    We were moved in time 
    To another space. 

    Somewhere, not here 
    Somewhere, not here 
     

    So little time 
    So little time. 

    You were safe and warm 
    I was in your hands 
    We were moved in time 
    To another space. 

    A thousand miles away 
    I'd like to fly to you 

    I immerse myself 
    I dream, I see your face 
    I see, I dream of you 
    If you were here we'd watch 
    If you were here we'd see. 

    You're my waking thought 

     

    I can just recall that day 
    Somewhere not here 
    Somewhere not here 

    Somewhere. 

    Merci Audrey! 

    Au tour de Daniel maintenant!

    La chanson que l'on écoute seul au casque le soir : « Dagues », Safia Nolin

     

     

    Il y a ce que tu voulais

    Et puis il y a ce qui est arrivé

    Il y a ce que Safia a mis dans ses paroles

    Il y a ce que tu y as trouvé

    ( D’habitude , je ne suis pas trop fan des jeux inter blogs . Non pas par principe , mais plutôt parce que ce type d’écriture ne correspond pas à mes habitudes de blogueur : je rédige mes billets de façon un peu compulsive , en réaction à ce qui m’aura transporté ou agacé).

    Si je  me décide cette fois-ci à participer au jeu organisé par El Norton, et Alexandre et Etienne c’est parce que j’y vois l’occasion de faire partager et connaître au-delà de mon petit blog l’une de mes plus belles découvertes de 2018 : Safia Nolin.

    Le texte qui accompagne la video de Safia Nolin est peut-être un peu ridicule avec son utilisation très adolescente de l’anaphore mais je pense que c’est le texte que j’aurais écrit dans ma chambre d’étudiant en écoutant ce morceau seul au casque le soir .

    Je ne suis plus adolescent depuis longtemps mais quand j’écoute ce morceau seul au casque le soir ( ce que j’ai fait de nombreuses fois depuis que je l’ai découvert ) je me sens moins vieux et toujours  touché pour des raisons qui ne regardent que moi . Des raisons que je retrouve dans cette très belle chanson à boire tout seul le soir en écoutant ce morceau seul, au casque, le soir.

    Je remercie Fracas 64 d’avoir accepté de diffuser ce billet sur son blog.

    Je remercie Safia Nolin d’avoir accepté de répondre aux questions que je lui ai posées ( je diffuserai ses réponses dans un billet ultérieur )  .

    Je vous encourage à écouter tous ses titres , à commencer par ceux qui figurent sur son bouleversant dernier album ( « Dans le noir »), un album que j’ai acheté à l’occasion d’un concert que Safia donnait à Jassans-Riottier et qu’elle m’a très gentiment dédicacé ).

    Lien pour le billet consacré au concert de Safia 

    Merci Daniel!

    That's all folks!

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    16 commentaires
  • Live: Ali Farka Touré - Estival Jazz Lugano - 14 Juillet 2000

    Si vous ne connaissez pas, jetez -vous sur ce très bon enregistrement FM d'un concert d'Ali Farka Touré en 2000 à Lugano. Si vous connaissez déjà, vous savez ce que c'est...

    Les titres:

    1. Goye Kur (7:53)

    2. Karaw (4:54)

    3. Soukora (6:22)

    4. Kadi Kadi (6:43)

    5. Ai Du (6:04)

    6. Dofana (8:13)

    7. Hilly Yoro (6:26)

    8. Gomni (6:04)

    9. Diaraby (6:39) 

    10. Jangali Famata (4:10) 

    Les musiciens:

    Ali Farka Toure - vocals, guitar

    Hamadoun Bocoum - [bass?,] vocals

    Samba Toure - [bass?,] vocals

    Oumar Diallo - bass

    Oumar Hamadoun Toure - conga

    Suleymane Kane [Souleye Kane?]- djembe 

    Alpha Ousmane Sankare - percussion

    Pour l'écouter, ce n'est pas rien....Planquer des sons en Suisse

    That's all folks!

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  • Aujourd'hui, c'est Eric qui s'y colle en premier avec un texte très touchant...

    Jeu de la Dizaine des Blogueurs : Thème 1: La chanson sortie l'année de nos 15 ans par Eric.

    OK Carole - Bijou (1978)

                                                                                                

               La première fois que j'ai vu Carole, elle traînait avec des drôles de loulous, valait mieux pas s'approcher. Elle était très belle. J'avais quinze ans. Dès que je lâchais mes potes et le foot, je partais la rejoindre dans ma chambre. Elle tournait sur elle même, trente-trois tours un tiers par minute rien que pour moi. Les coups contre ma porte, les appels, restaient sans réponse. Ses paroles m’emmenaient au loin, très loin. A la neuvième, dixième tentative, ma porte s'ouvrait brusquement et ma mère criait. «Eric! On mange!»   

                       Une dizaine d'années plus tard, je travaillais dans un magasin de disques dont l'arrière boutique était un repaire de défoncés. Les potes s'y s'écroulaient, on s'empoisonnait entre nous. De l'autre côté du comptoir, une lycéenne qui adorait le rock'n'roll me faisait du gringue. Yeux noisettes, coque sur le devant, cheveux longs lâchés sur les côtés, teddy, chemisette vichy, 501,  creepers, Carole voulait écouter les nouveautés. Elle voulait tout découvrir. L'occasion était trop belle, la fille trop jolie. Je ne me souviens plus qui a piégé l'autre, mais au moment de manger les pâtes, on se dévorait du regard dans ma minuscule cuisine. Un mois plus tard, je quittais mon taudis, elle sa mère. On emménageait dans un grand appartement ensoleillé, chaleureux. Une année entière d'éclate, pur bonheur. La boutique tournait sans moi. Puis les potes débarquèrent avec du matos. Carole avait goûté. On plongea ensemble. Fini les mots doux, les je t'aime. Frissons polaires, douleurs, nuits cauchemars. En manque. Je n'en pouvais plus, quelque chose allait péter, ça ne pouvait plus durer. Peu avant midi, deux inspecteurs frappèrent à la porte et embarquèrent Carole. J'avais foutu le camp. Au vert, à la campagne. Deal, usage, détention, Carole prit trois mois fermes. Elle avait dix neuf ans. Premier avertissement. De la plage, Je lui écrivis de longues lettres. Lucille, Mathilde, Manon, Élisa, des incartades musicales. Carole était dans mon cœur, sa photo ne quitta jamais mon portefeuille. A sa sortie, elle fit des compliments à ma nouvelle copine. Physique celle là. Puis elle lui fit une recommandation. «Fais gaffe. Prends soin de lui.»      

     Deux ans plus tard, Carole avait replongé. La musique était désormais répétitive, les drogues synthétiques. Deux ans fermes. Récidiviste Carole n'allait pas en rester là.

            Une dizaine d'années plus tard, je m'apprêtai à ne pas fêter mon quarantième anniversaire quand le téléphone sonna. Une voix me sauta au visage, reconnaissable entre toutes. «Devine qui c'est?» Je répondis. «C'est toi.» Moins d'un quart d'heure plus tard, Carole était là. J'avais pas eu le temps de me raser, juste changé de chemise. Mince, souriante, charmante. Éternelle pin-up. J'étais tout chose, dans un drôle d'état. Le temps n'avait aucune prise sur elle malgré la maladie. A sa question. «Qu'est c'que tu fais de beau?» Je lui tendis mon manuscrit ''Une part de ma nuit''. Elle était la seule fille dont j'avais été amoureux. J'avais raconté notre histoire de façon brute, sincère. Elle demanda. «Ca parle de moi?» Je hochai la tête. Excitée comme une puce, elle tournait les pages. «C'est vrai, c'est notre histoire?!... Tu me la prêtes?» Le surlendemain, elle me rendit mon manuscrit. «Super, vraiment super! Je m'attendais pas du tout à ça.» Elle ajouta en tordant le nez. «Par contre, t'as pas été sympa avec moi. C'est vrai, j'étais aussi chiante que ça?!» Elle éclata de rire. Un franc et beau rire. Elle ajouta. «Je l'ai lu d'une traite en conduisant.» Je répétai. «En-con-dui-sant?» Elle hocha la tête. «Il y avait des embouteillages. J'étais bien, je venais de m'en faire un.» Je mimai un shoot. Elle approuva. «Qu'est c'que tu veux, c'est trop bon! Je pourrai jamais m'arrêter. Si tu veux il m'en reste...» Elle n'avait pas changé. Elle me donna son numéro de portable. Je promis de la rappeler. J'en avais envie et en même temps c'était pas une bonne idée. Je venais de rencontrer une autre femme. 

       Février 2019.    

    Je surfe sur facebook à la recherche de vieux potes, quand une icône attire mon regard. Quelque chose me tire l'oreille. J'agrandis la photo. Carole. Le nom de famille correspond. Incroyable, c'est elle. Très glam. La photo a été retravaillée, mais l'implantation des cheveux, l'indéfinissable sourire... C'est bien elle. Je pensais jamais la revoir vivante. Quel âge peut-elle avoir? Je descend l’ascenseur. 2015. Même photo retouchée. Puis un autre portrait. Ses cheveux sont détachés. Elle va pour tirer sur une cigarette, la tête légèrement en arrière. Toujours aussi belle. 2016. Carole écroulée sur un canapé, complètement défoncée. Sur une table basse,  bouteilles renversées, cendriers pleins. 2017. Un rayon de soleil derrière elle, elle est assise dans l'herbe. Son visage est gonflé, bouffi. L'expression d'une vieille pierre usée, marquée, ravinée. Son sourire ébréché me serre le coeur. Elle portait quasiment la même robe quand nous étions ensemble.   

     La dernière photo de son mur.

    Jeu de la Dizaine des Blogueurs : Thème 1: La chanson sortie l'année de nos 15 ans par Eric.

    Merci Eric! 

    ...puis c'est le tour d'Audrey.

    New Order - "Broken promise" sur "Brotherhood" (1986)

    NOBrotherhood.jpg 

    Pour moi, le moment fort de ma relation avec la musique et l’adolescence n’est pas l’année de mes 15 mais plutôt celle de mes 13 ans, soit l’année 1984. C’est à cette époque où je commence à découvrir et comprendre qu’il existe une musique différente, qui ne ressemble ni à celle de mes parents ni à celles des autres (ou qui passe à la radio). Le premier groupe à m’avoir ouvert les yeux a été DEPECHE MODE. Au départ, j’étais intéressée par la musique des claviers. Et même s’il y avait des guitares sur mes K7 (et parfois des trucs très lourds) et parmi les groupes que j’écoutais, mais j'étais plus attentive à la chanson elle-même qu'à la présence de guitare. Puis, j’ai découvert The Cure pendant le même été, puis New Order. 

    Je dois dire que, même avec les années, j’ai gardé une certaine relation de fan avec ces deux derniers groupes. L’album Low Life de New Order reste d’ailleurs l’un des albums phares de ma nostalgie adolescente.  

    Mais, à 15 ans, nous passons à l’année 1986. Et là, il y a un déclic qui s’opère avec Brotherhood, justement de New Order. L’album comporte 2 faces distinctes. La Face A (oui, on parle Vinyl) est quasi 100% guitares et la Face B verse dans la veine très électronique du groupe. Or, sur cette face A, j’ai vraiment adoré ce son. En fait, depuis que j’avais découvert le groupe, j’avais toujours imaginé qu’il y avait eu un disque empli de guitares comme celui-là dans leur discographie (oui, parce qu’en ce temps-là, pas d’internet pour vous la donner, et celle de New Order était mystérieuse, car il y avait plein de pochette sans noms, voire sans titres, et qui cachait tantôt un album tantôt un maxi). A chaque fois que je tentais l’un de leur disque, j’attendais de l’entendre, il a pour ainsi dire été un rêve de musique qui s’était réalisé. Si l’album n’est pas forcément leur meilleur, il a été important pour moi pour une autre raison.  

    Sur ce disque, j’adorais (et, ma foi, j’adore toujours) comment le groupe avait fait sonner ses guitares (sachant que, chez New Order, la basse joue parfois comme une guitare et que les guitares comme une basse). Broken Promise est vraiment une petite merveille, avec sa structure qui accélère et son final instrumental tout en guitares enchevêtrées, à la fois tranchante et douce, dans une tonalité qui allie un équilibre subtile et presque magique entre l’électrique et l’acoustique. Et puis, le chant de Barney est également un modèle du genre, avec cette émotion qui filtre sans être démonstrative. 

    Bref, grâce à cet album, je me suis mise à aimer les guitares. Et ma discographie intime allait prendre une autre direction. Donc si vous ne me croyez pas que New Order puisse faire aimer les guitares, alors écoutez le morceau! 

     Audrey 

    Et merci Audrey!

     That's all folks!

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