• La Saga de Springsteen - épisode 37 - The Promise

    Je vais sauter d'un coup à la fin de l'année 2010 car , à ce moment-là, sort une compilation de morceaux inédits nommée "The Promise"? Ce sont des titres issus et écratés des sessions de "Darkness" ou des titres studio parus uniquement dans leur version live.

    La Saga de Springsteen - épisode 37 - The Promise 

    La version De Luxe comprend 3 cd et 3 dvd et vous pouvez vous la procurer ici par exemple (ce n'est qu'une indication!).

    Mais je vais m'intéresser à la version 2 cd. Et pour vous en parler, je vais économiser mon inspiration en confiant la tâche à quelqu'un dont c'est le métier c'est à dire Serge Kaganski des Inrocks. je ne saurais mieux dire que lui....

    "Quand Bruce Springsteen publie Darkness on the Edge of Town en 1978, trois ans de silence radio et de procès avec son manager Mike Appel ont passé depuis le succès massif de Born to Run. 1978, le punk bat son plein, c’est la mi-temps du mandat du démocrate Jimmy Carter, et le deuxième choc pétrolier va bientôt sonner le début de la fin pour les grosses cylindrées américaines mythiques et dévoreuses d’essence. Plus que deux années avant l’avènement de Ronald Reagan et du virage ultralibéral.

    Dans ce contexte personnel et général, revenu de quelques illusions romantiques, Springsteen ambitionne de faire un album sombre, grave, austère, un équivalent rock du roman noir et des films noirs qu’il admire, des chansons qui plongent dans la part d’ombre du “rêve américain”. Le Boss emmène ses auditeurs dans le cambouis des réalités quotidiennes vécues par des millions de citoyens ordinaires (dont les proches du chanteur), loin des néons flashy et du lyrisme spectorien de Born to Run.

    Parmi les dizaines de chansons composées pendant les trois années post-Born to Run, Springsteen extrait le suc le plus amer, éjectant des tubes potentiels comme Because the Night ou Fire, offerts à Patti Smith et aux Pointer Sisters. The Promise (album et coffret) exhume aujourd’hui les recalés de l’époque, et en les écoutant on saisit pourquoi la plupart d’entre eux n’ont pas trouvé leur place sur Darkness : de Save My Love à Talk to Me, de Gotta Get That Feeling à The Little Things (My Baby Does), c’est une parade de rock teinté de soul ou de pop, du pur jus de juke-box sixties aux échos Stax ou Motown, aux refrains trop carillonnants, aux arrangements trop colorés pour le noir et blanc exigeant de Darkness.

    On découvre enfin les prises originelles de Because the Night et Fire, cette dernière ressemblant à une Sun Session perdue d’Elvis reprise par Alan Vega. Springsteen chevauche des moutures alternatives de Racing in the Street (plus punchy mais moins hantée) ou de Candy’s Room, rebaptisée ici Candy’s Boy et trottant sur un irrésistible groove midtempo. Et quand on entend le “Hey little girl, is your daddy home ?” de I’m on Fire (Born in the USA, 1984) présent sur Spanish Eyes (gravé en1977), on a l’exaltante sensation de traverser les diverses strates géologiques du processus créatif springsteenien.

    Mais le plus beau, ce sont ces immenses ballades pleines d’écho, de profondeur, de majesté, où Bruce-Icare s’est le plus approché de son soleil Spector et de sa lune Orbison. Frissons garantis à l’écoute de merveilles comme Someday (ses choeurs et son twang) ou The Brokenhearted (ses trompettes mexicaines). Avec sa bande de copains aux rêves corrodés par le temps, The Promise est une chanson springsteenienne définitive. Quand Bruce hulule au refrain “Thunder Road, something’s dying on the highway tonight”, il répond au Thunder Road gorgé de possibles qui ouvrait Born to Run, et synthétise en une ligne le passage de l’innocence adolescente au désenchantement adulte qui marquait la transition de Born to Run à Darkness.

    Enfin, prêtez grande attention à City of Night, qui semble refermer la collection : dix secondes d’attente et vous entendrez ébahi un bonus fantôme, The Way, berceuse orbisonienne à fendre les pierres. Une pure splendeur, dont on s’étonne juste qu’elle soit ainsi masquée. Ceux qui pousseront jusqu’au coffret y trouveront, à côté de ces 21 trésors + 1, un remix de l’album Darkness, des heures de documents live des années 77 et 78 (concerts, studio, répètes), peut-être les meilleures, celles où Springsteen et E Street Band brûlaient les scènes au sommet de leur jeunesse et de leur forme physique. Et encore le docu sur le making-of de l’album, les carnets de notes de Springsteen…

    Bref, la hotte est pleine à ras bord. Le timing de ces rééditions prend un sens bien particulier si on rappelle que Darkness sondait les failles du rêve américain deux ans avant Reagan. Le président-acteur avait ensuite tenté de récupérer Springsteen, qui l’avait poliment renvoyé dans les cordes. Pendant cette ère Reagan, le Boss avait même durci ses textes dans les albums Nebraska et Born in the USA. Aujourd’hui, on sait que Reagan avait ouvert les vannes de la dérégulation économique et financière dont le monde entier paie aujourd’hui l’addition.

    Deux ans après le krach financier et l’accentuation d’une crise qui n’en finit pas, The Promise vient refermer avec à-propos la boucle ouverte en 78 par Darkness et en prolonger le sens profond : comme le cinéma ou la littérature, le rock éclaire parfois les zones sombres de nos vies. Ça peut faire mal, mais en nous plaçant face à une représentation de nos aliénations, de nos peurs, de nos angoisses, il nous réveille et nous instruit aussi, nous infusant espoir, beauté, résilience, transcendance, résistance, colère, expérience partagée. Bref, l’essence de l’art. Merci, Bruce Springsteen, pour cette permanente et jouissive leçon, et pour ces pépites exhumées qui tiennent splendidement leurs promesses."

    J'approuve totalement ce qui est écrit au-dessus....

    La Saga de Springsteen - épisode 37 - The Promise 

    Maintenant, cela mérite quelques extraits...

    Because the night 

    Rendez-vous 

    Fire 

    La liste des titres:

    1-1 Racing In The Street ('78) 6:50

    1-2 Gotta Get That Feeling 3:19

    1-3 Outside Looking In 2:18

    1-4 Someday (We'll Be Together) 5:38

    1-5 One Way Street 4:20

    1-6 Because The Night 3:25

    1-7 Wrong Side Of The Street 3:36

    1-8 The Brokenhearted 5:19

    1-9 Rendezvous 2:39

    1-10 Candy's Boy 4:39

    2-1 Save My Love 2:38

    2-2 Ain't Good Enough For You 4:03

    2-3 Fire 4:10

    2-4 Spanish Eyes 3:50

    2-5 It's A Shame 3:16

    2-6 Come On (Let's Go Tonight) 2:20

    2-7 Talk To Me 4:22

    2-8 The Little Things (My Baby Does) 3:19

    2-9 Breakaway 5:32

    2-10 The Promise 5:54

    2-11 City Of Night 7:07 

    2-12    The Way (hidden track)

    Pour écouter tout ça, ce n'est pas loin.....La promesse

    Et pour me faire pardonner de ma fainéantise , je vous offre un petit mais indispensable bonus. L'édition De Luxe vous offre une version live de "Darkness"mais jouée en 2009 je crois. Et bien moi, je vous offre la même chose mais en mieux!

    C'est l'album en live reconstitué par un fan à partir de titres joués durant la meilleur période du Boss - les années 70/80 - et plus précisément de l'année 1978. Le tout est lissé en une sorte de concert avec , en plus, une version à pleurer de "The Promise" et "Thunder road".

    La Saga de Springsteen - épisode 37 - The Promise 

    Les titres:

    1 Badlands(9-19-78, Passaic, NJ)

    2 Streets of Fire (9-19-78, Passaic, NJ)

    3 Something in the Night (10-27-76, Philadelphia, PA)

    4 Candy's Room (12-15-78, San Francisco, CA)

    5 Because the Night (12-15-78, San Francisco, CA)       

    6 Adam Raised A Cain (6-24-1978,  Portland, OR)

    7 Darkness on the Edge of Town (12-15-78,  San Francisco, CA)

    8 Factory (12-15-78, San Francisco, CA)

    9 The Promised Land (9-19-78, Passaic, NJ)

    10 Prove It All Night (9-19-78, Passaic, NJ)

    11 Racing in the Street (9-19-78, Passaic, NJ)

    12 Thunder Road (9-19-78, Passaic, NJ)

    13 The Promise (6-16-1978, Kansas City, KS)

    Que du beau, que du bon, je conseille vivement!

    Extraits: Candy's room 

    Factory 

    La Saga de Springsteen - épisode 37 - The Promise

    Pour écouter ce bel objet, ce n'est pas loin....Darkness live!

    That's all folks!

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  • Commentaires

    1
    Lundi 24 Novembre 2014 à 14:58
    devantf

    Pas question de louper ça. Surtout que cela semble remettre quelques titres à l'heure. Je suis impatient d'entendre d'autres version de "Racing In The street" mon préféré (avec d'autres) 

    Tu ne te rends pas compte mais c'est la première fois que j'entendais et comprenais une phrase en anglais

    "With the eyes of someone who just hates for beeing born" un truc dans le genre qui me filait le frisson. Un vrai titre pour roman noir à la Jim Thompson

    2
    Lundi 24 Novembre 2014 à 17:57

    Bon, ça va, tu es pardonné pour cette fois...

    Je plaisante. Tu nous gâtes sur ce coup-là! Et en plus, moi, je n'ai qu'un seul CD de The Promise, donc je vais découivrir plein de nouvelles choses. Et puis ce live que tu sors de derrière les fagots, une divine surprise!

    3
    Lundi 24 Novembre 2014 à 20:45

    Content de vous avoir fait plaisir! Effectivement le live est d'enfer!

    C'est la meilleure période de Springsteen et je vous réserve quelque chose de bien pour le dernier épisode, bientôt!

    4
    Mardi 25 Novembre 2014 à 18:54

    Le Live est vraiment du tonnerre et le son, à part 2 ou 3 morceaux, est fabuleux.Pourquoi j'étais trop jeune pour voir le boss à cette époque? Tu n'aurais pas une machine à remonter le temps dans un coin? Vu ce que tu nous sors, je te soupçonne de l'avoir inventé pour enregistrer en douce toutes ces merveilles!

    5
    Mercredi 26 Novembre 2014 à 06:38

    oh là! J'aimerais bien moi aussi remonter dans le temps pour voir un ou deux concerts de l'époque. Je me console avec des live de cette époque dont certains ont un son fantastique et ne sont jamais sortis dans le commerce...

    à bientôt et merci pour les commentaires. 

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